Édition 2021

Rencontre avec Sylvie Zaidman

La Journée d’étude 2021 approche petit à petit et nous vous proposons aujourd’hui de découvrir Sylvie Zaidman dont l’intervention « Réflexions sur les archives et les musées face à la demande mémorielle » se déroulera dans la matinée du 12 mars 2021.

©️ Pierre Antoine

Pourriez-vous résumer votre parcours universitaire et professionnel ?
Après une thèse de doctorat d’histoire contemporaine puis le concours d’attaché de conservation du patrimoine (archives), j’ai occupé les postes de chargé de la valorisation de la recherche puis le poste de chef du service des publics aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis. Le concours de conservateur territorial du patrimoine (archives) promotion 2011 m’a permis d’exercer la fonction de chef de département (DEATA) aux Archives nationales. Chargée de mission pour le transfert du musée du général Leclerc et de la Libération de Paris-musée Jean Moulin en 2015, j’en ai pris la direction en 2017 et assuré le chantier des collections, le projet scientifique, la conception de la scénographie, le déménagement et l’installation.

Quels sont vos principaux thèmes de recherche? 
Je travaille depuis de nombreuses années sur la Résistance en région parisienne. Mes fonctions au musée de la Libération de Paris-musée du général Leclerc-musée Jean Moulin m’ont amenée à élargir mon champ de recherches aux thèmes portés par le musée.

Qu’est-ce qui vous a conduit à travailler ces thématiques ? 
L’appétence pour un sujet complexe et brûlant dans une période charnière (transition entre le discours porté par les acteurs et le discours des historiens). Par ailleurs, je suis très intéressée par la notion de « traces » du passé (archives, mais aussi témoignages, photos, films, dessins, lieux, objets), la façon dont elles se complètent pour donner de la profondeur à la recherche.

Quelles sont vos principales missions en tant que directrice du Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin ? 
J’exerce les missions de directrice d’un petit musée, c’est-à-dire toutes les missions d’impulsion des propositions, le suivi, le contrôle, depuis les travaux bâtimentaires jusqu’à la communication en passant par les liens avec l’institution (services centraux de l’établissement public, élus), les collections, les offres au public, la programmation, les partenariats, la gestion des ressources humaines et le commissariat des expositions etc.

Source : http://www.parismusees.paris.fr © Jean-Baptiste Gurliat / Mairie de Paris

En tant qu’historienne, archiviste et directrice d’un musée, quelle serait votre définition de la mémoire ? Pensez-vous que celle-ci est amenée à évoluer à l’avenir?
Pour moi, il s’agit de questions portées par des groupes sociaux (ou des sociétés, des états) en les ancrant dans une interprétation du passé. Autrement dit, les sujets sont d’actualité : la place des « gens de couleur » dans la société, la place des femmes, etc. et vus dans une perspective de plus longue durée (esclavage, patriarcat…).
Ces questions sont légitimes, elles contribuent à structurer les groupes sociaux, à leur conférer une identité. Elles sont aussi politiques puisqu’elles sont portées sur la place publique.
Ce n’est pas l’importance des questions mémorielles qui va changer mais leurs thématiques, qui va suivre les transformations sociétales.

Comment qualifieriez-vous votre rapport aux archives ? D’où est venu votre intérêt pour les archives ?
En tant qu’étudiante en histoire, je ne travaillais que sur le contenu, l’aspect informationnel des documents et le contexte de production. J’ai pris conscience de l’importance de la matérialité des sources en travaillant sur les documents de la Seconde Guerre mondiale, si variés (lettres, messages manuscrits, tracts, documents officiels etc). Je qualifierai mon rapport aux archives « d’ouvert », à la fois curiosité, connaissance et plaisir.

Quels sont vos documents d’archives préférés ?
Les documents qui m’émeuvent le plus sont ceux où, derrière la sécheresse administrative, on découvre une petite trace d’un individu le plus souvent anonyme et disparu depuis longtemps. D’autres aiguisent ma curiosité lorsqu’ils soulèvent de manière inattendue une nouvelle hypothèse. J’ai aussi beaucoup d’intérêt pour les archives sérielles, qui permettent une véritable étude statistique des sujets.

A quels ouvrages, articles ou expositions (en lien avec la thématique de notre journée d’études) avez-vous contribué ?
Sylvie Zaidman : « Le travail de médiation aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis », in colloque chemin d’accès : Quelle(s) médiation(s) pour l’Histoire ?, BNF, 2011.
Joël Clesse, Thomas Fontaine, Sylvie Zaidman : Graffiti de Résistants : sur les murs du fort de Romainville 1940-1944, Libel, 2012.
Sylvie Zaidman : « Les graffittis d’internés sous l’Occupation », in Sur les murs. Histoires de graffittis, Centre des Monuments nationaux- éditions du patrimoine, 2018.

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